La nécessité de faire un testament en Israël - Philippe KosKas
Vous êtes propriétaires d’un appartement en Israël ? Que vous soyez résident français ou israélien cet article peut vous concerner.
En effet bien que la dévolution des biens
en cas de succession soit régie par la
loi du dernier domicile du défunt, il
existe un renvoi du droit international
privé français en matière de succession
immobilière à la lex rei sitae, la loi du
pays où se trouve le bien.
C’est pourquoi si vous êtes propriétaire
d’un appartement en Israël il est
important de connaître le droit de
succession qui régit en Israël.
Le droit israélien en matière de
succession – points essentiels
Le droit israélien, en matière de partagesuccessoral est radicalement différent
du droit français.
Tout d’abord, il est important de préciser
qu’en Israël contrairement à la France,
il n’existe aucune imposition sur les
successions ni sur les donations, et les
héritiers perçoivent la totalité de leurs
parts d’héritage lors de la dévolution des
biens.
De même, un point essentiel et différent
du droit régissant en France, est le fait
que le droit israélien ne reconnaît pas
le statut “d’héritier réservataire”. Selon
la loi israélienne le testateur bénéficie
d’une liberté totale de tester et de
léguer ses biens comme il le désire aux
personnes de son choix.
Il sera précisé qu’en absence de testament, la loi israélienne prévoit la distribution des biens, de la façon suivante: la moitié des biens du défunt reviendront à son conjoint et l’autre moitié sera partagée de façon égale entre ses enfants. Le testament et son intérêt La formulation d’un testament évite de possibles problèmes qui pourraient survenir lors du décès du propriétaire.
En effet, comme précisé précédemment,
en absence de testament les biens
seront partagés entre le conjoint et les
enfants.
Le problème peut se poser quand il
s’agit d’un bien immobilier qui n’est pas
possible de “diviser” ou de “partager”.
De ce fait, une succession, en absence
de testament, crée automatiquement
une “indivision” de l’appartement au
conjoint et aux enfants. L’accord de
tous les propriétaires pour tout usage
du bien et bien évidemment afin depouvoir le vendre ou le louer est donc
obligatoire.
Le problème est plus sérieux au cas où
les enfants sont mineurs, auquel cas
il faut obtenir l’accord de la tutelle de
l’état d’Israël qui ne le donnera qu’à
condition que le produit de la vente soit
affecté au profit des enfants mineurs
selon leur part .Cet accord de la tutelle
est dans nombre de cas une entrave à
la vente dans une période ou le conjoint
survivant serait désireux de réaliser
certaines ventes pour faire face aux
nouveaux défis que la vie lui impose.
C’est la raison pour laquelle nous
recommandons aux propriétaires de
biens immobiliers en Israël résidents à l’étranger de rédiger un set de deux
testaments où chacun des deux conjoints
lègue la totalité de leurs biens situés
en Israël, à l’autre.
Lors du décès de l’un des conjoints, la totalité de leurs biens en Israël est donc transférée au nom du conjoint survivant, qui devient dès lors propriétaire du bien à part entière. Pour conclure, la pratique des testaments entre époux peut aussi éviter de nombreux contentieux qui pourraient survenir lors du décès du donateur.
Tel : 00 972(0) 2 62 46 589
Fax : 00 972 (0) 2 625 50 31
E-mail : koskas@inter.net.il
Maître Philippe Koskas est également
vice président de la chambre de
commerce Israël France
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