L’éducation spirituelle - Rav Michael Laitman
«Réparer le monde signifie corriger l’éducation»
Janusz Korzack
Le monde des enfants est merveilleux et excitant. Tout au long de leur croissance ils regardent le monde avec des yeux pétillants, ils posent des questions innocentes sur la vie, ils veulent apprendre et saisir tout ce qu’ils peuvent de la réalité magique dans laquelle ils vivent. Tout ce à quoi l’enfant aspire, ce qu’il voit à l’école et chez lui l’influence. C’est ainsi qu’il se forme dans les premières vingt années de sa vie et c’est ce qui déterminera définitivement son attitude et sa personnalité. C’est pourquoi ce n’est pas un hasard si depuis toujours, nos sociétés ont voulu que la jeune génération réussisse, car de nos enfants dépend notre avenir. Une crise qui s’amplifie L’éducation a toujours été au coeur de notre nation. C’est pourquoi on l’appelle le «peuple du livre». L’éducation spirituelle était l’élément essentiel de l’existence et de la construction de la société jusqu’à en devenir une composante indissociable. Moïse donna au peuple une éducation spirituelle, et dès le plus jeune âge, les enfants étaient élevés et comprenaient la réalité en basant ses racines dans le monde supérieur.
Il est dit que de Ber Sheva, dans le Sud à Dan, dans le Nord, tous les enfants étaient des érudits en matière de pureté et d’impureté. Le mot «impureté» est relatif à la force de l’ego présente en l’homme et la «pureté» s’apparente à la force de don, et non à des notions matérielles. Bien qu’après la destruction du second Temple, le peuple perdit la sensation tangible de la spiritualité, l’importance de l’éducation resta enracinée dans le peuple. Même du temps de l’exil, chaque enfant Juif savait compter, lire et écrire. L’éducation pour l’unité établit par nos sages préserva les communautés juives unies dans la Diaspora. Dans les autres peuples l’instruction était une prérogative réservée aux classes supérieures alors que dans les couches inférieures de la société, l’analphabétisme prédominait chez les enfants et les adultes. Cependant, malgré l’essor apporté par l’éducation au peuple dans le passé, lorsque nous regardons aujourd’hui l’état du système éducatif en Israël, nous voyons qu’il est en crise continue. Les titres des journaux abondent de faits et de sondages racontant la violence à l’école, l’utilisation des drogues et le phénomène de dépression chez les jeunes. A titre d’exemple, la présidente de la Cour Suprême, Dorit Benish, a déclaré lors d’un discours d’inauguration à Tel-Aviv de la conférence sur l’éducation moderne que «le pays se trouve au seuil de la faillite de l’ensemble des valeurs», elle ajouta que «de nos jours, il fallait être optimiste pour croire que nous pouvons renforcer et améliorer la société israélienne».
Avec la crise de l’éducation apparaît plus que jamais le besoin d’une méthode qui servira de base à une société uniforme et heureuse, dans laquelle tous les membres y trouveront leur place. Les lois de l’amour et du don «L’immense désir sur lequel est construite l’Assemblée d’Israël grandira par l’éducation qui se doit d’être remplie de Lumière divine.» Rav A. Kook, Orot, p.163. La Kabbale explique que l’humanité progresse de telle façon que chaque génération est plus développée que sa précédente. La nouvelle génération a de nouveaux désirs, de plus grandes aspirations, un plus grand ego que la précédente, c’est pourquoi les valeurs qui suffisaient à la génération des parents ne sont plus satisfaisantes à la jeune génération. Elles leurs paraissent vides de sens car elle ne comblent pas le nouveau besoin intérieur davantage développé qui s’éveille en elle. Dans leurs écrits, les kabbalistes nous dévoilent l’évolution que l’homme doit emprunter dans une société basée sur l’éducation spirituelle. Tout comme dans le monde spirituel, l’âme reçoit à chaque stade ce dont elle a besoin de son environnement, il en sera de même pour l’homme qui recevra à chaque étape de son développement l’éducation adéquate. Dans une société adoptant ces principes, l’homme apprendra dès l’enfance, comment donner un sens intérieur à la vie. Les enfants comprendront que ce monde est bien plus riche que nos cinq sens peuvent percevoir, ils apprendront au travers de jeux et d’exemples à identifier les raisons qui régissent la réalité.
Un meilleur avenir Néanmoins, pour que les enfants appliquent ce que nous leur avons appris, ils ont besoin d’exemples provenant des adultes, car une bonne éducation vient uniquement d’un exemple personnel. Or de nos jours, un des problèmes est que nous montrons à nos enfants un comportement inverse à l’éducation que nous leur donnons. Nous leur apprenons les valeurs altruistes du don et du partage avec autrui, mais dans les faits, notre société valorise une attitude égoïste. Cette contradiction engendre chez les enfants une sensation de confusion et d’un manque de respect envers leurs parents. Cependant dans un système éducatif où l’exemple personnel donné par les parents est en conformité avec les valeurs altruistes qu’ils apprennent à leurs enfants, l’éducation engendre une responsabilité mutuelle, et unit les générations. Les parents comprennent que tel est le meilleur avenir pour leurs enfants et avec la force de leur amour, ils sont tenus de mieux se comporter. C’est dans cette optique que le Baal HaSoulam, ainsi que le Rav Kook, deux grands kabbalistes du début du vingtième siècle nous ont laissé dans leurs écrits le mode d’emploi vers une telle société.
Cette vision n’est pas juste un idéal. Les fondements qu’avaient souhaité nos sages depuis des générations pourraient se construire ici et maintenant grâce à une éducation spirituelle. Pour commencer, il suffit d’une génération qui transmettrait les valeurs à la suivante. Et ainsi se créerait une société unie sans aucun différend entre les générations. L’ancienne et la jeune génération se soutiendraient et chacun serait solidaire du développement spirituel de son prochain, permettant de montrer l’exemple et de se comporter façon adéquate. Tels deux amis qui se complètent et progressent ensembles vers une perception entière de la réalité.
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