La Jérusalem du coeur - Rav Michael Laitman

Le Messie est assis à la porte de Jérusalem et attend que les hommes soient dignes de la délivrance. C’est de personnes entières dont il a besoin, qu’elles le libèrent de ses liens. Assez de piété, assez de largeurs, maintenant il exige la profondeur des personnes de vérité.
Rabbi Menahem Mendel de Kotsk.

 

Les gens voient Jérusalem comme la capitale spirituelle du monde. C’est réellement le lieu de la sainteté pour toutes les religions. Comme dit le Talmud, il s’agit du centre du monde. Toute personne s’étant
rendue au moins une fois dans sa vie à Jérusalem, vous le dira, il existe dans cette ville une atmosphère particulière que chacun ressent à sa façon. En quoi cette ville est-elle si spéciale ?


La Kabbale nous apprend que tout ce qui existe dans notre monde a une racine supérieure, spirituelle. Tout processus ou événement est régit par un système de lois complexes qui nous est caché. Il n’y a pas de hasard ou d’événement imprévu. Et de
la même manière, Jérusalem dispose d’une racine spirituelle, très élevée, symbole d’amour et d’union entre les hommes et au Créateur.

La Jérusalem d’en haut

La signification kabbalistique du mot « Jérusalem » (Yéroushaleim) vient de l’adjonction des mots « crainte parfaite » (Yira Shlema), ces mots s’adressent à l’état spirituel du coeur de l’homme, c’està- dire, « Jérusalem » est un degré spirituel auquel parvient l’homme au cours de son développement spirituel. D’après ce principe, l’homme est composé de multiples désirs, parmi lesquels des désirs égoïstes et des désirs spirituels. Le désir spirituel qui aspire à connaître le Créateur se nomme « Israël », des mots « Yashar » « El » - droit vers Dieu, vers le Créateur. Ainsi, « Jérusalem » représente le point intérieur au sein de ce désir et « le Temple » symbolise le désir le plus élevé qui existe en l’homme. Pour accomplir notre rôle spirituel et parvenir à la situation spirituelle appelée « Jérusalem d’en Haut » nous devons corriger les désirs égoïstes dans notre coeur.

Un point dans le coeur
Dans la spiritualité, le coeur désigne les désirs de l’homme. Si ces désirs sont limités aux intérêts de ce monde au pouvoir ou aux honneurs, alors le coeur est simplement égoïste et l’homme se satisfait de ce monde sans ressentir le besoin de découvrir la Jérusalem spirituelle. Si ce monde ne lui suffit pas, il recherche et sent que quelque chose lui manque, alors il aspire à s’élever au dessus de ce monde, à sentir le monde spirituel, son coeur aspire donc à la correction, à être libéré des désirs égoïstes. Cependant, ce n’est un processus qui se produit en une seule fois. Tout d’abord, l’homme doit construire un « mur » et séparer les désirs égoïstes dans son coeur, des désirs altruistes de don aux autres. Ce mur est comme la « muraille de la ville », une garde intérieure lui permettant ensuite de construire en lui la « Jérusalem d’en haut ». Cette dernière n’est perceptible que dans un coeur réparé. En fonction de la correction de son coeur, l’homme commence ensuite à développer une vision spirituelle et il n’aspire plus à contrôler les gens ou les pierres, mais il veut aimer et donner, comme la Force Supérieure.

Union
Aujourd’hui, dans un monde dominé par l’égo, comment se peut-il que dans un tel état les attributs de Jérusalem puissent soudain s’éveiller en elle ? - s’il n’y a pas d’union parmi ses résidents ? Pour cela, il n’y a qu’une seule véritable prière qui est de souhaiter redevenir comme « un seul homme dans un seul coeur », assez vaste pour y inclure toute l’humanité. Espérons que nous parviendrons à cet état et alors, au dessus des murs se dressera la ville qui sera vraiment la ville sainte en correspondance avec ses racines spirituelles.

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