Inventaire spirituel - Rav Michael Laitman
Le chant “Un, qui sait ?” est un compte à rebours des degrés spirituels
« Un qui sait ? » est une chanson que nous connaissons tous comme celui qui clôt la cérémonie de Pessah. En général, nous sommes assis confortablement dans un fauteuil et les petits enfants se joignent à la chanson dans la joie.
Peu sont ceux qui savent que cette chanson
d’apparence un peu naïve est un chant
profond avec une signification particulière.
Elle parle de l’homme qui arrive à découvrir
la force supérieure, le Créateur, qui est un,
unique, et particulier.
Dans la mesure où l’homme se rapproche
du Créateur et acquière ses attributs, il
mérite de connaître et d’intégrer ce degré
qui est appelé « Un ».
Un, je sais - Un c’est le Créateur.
Qui connaît celui qui est Un ? Celui qui
l’atteint. Facile à chanter n’est-ce pas ?
Cependant, il est impossible de comprendre
ce que cela veut dire. Seul un kabbaliste
qui parvient aux degrés spirituels les plusélevés, atteint ce degré de perception de la
réalité qui lui permet de dire qu’il n’existe
rien hormis Lui. Il ressent que le Créateur
est la racine unique, d’où provient toute
la réalité.
S’il n’y en a qu’Un, d’où provient
soudainement ce « Deux, qui sait ? »
Deux, je sais, Les deux tables de
l’alliance
Les deux tables de l’alliance symbolisent le
don que nous a fait le Créateur afin de nous
permettre de lui ressembler, de pouvoir
aimer à Sa mesure. Nous y arrivons grâceà dix corrections (dix commandements)
qui furent faites dans les dix Sefirot de
notre âme. Les tables de l’alliance amènent
l’homme à l’union au Créateur.
Trois, je sais, Les trois patriarches,
Abraham, Isaac, et Jacob.
Abraham symbolise la force de ‘Hessed, la
générosité. Isaac, est la force du désir de
recevoir, et Jacob, est la force qui réunit
ces deux lignes de façon correcte. Grâce à
l’union de ces trois lignes, l’homme atteint
le Créateur.
Quatre, je sais, S’il y a trois patriarches,
comment y a-t-il quatre mères ?
Selon la Torah, Jacob avait une autre
femme en plus de Rachel, qui se nommait
Léa. Elle fut donnée à Jacob en vue de
sa situation future, celle dans laquelle il
grandirait et serait alors nommé Israël.
Le nom « Jacob » symbolise le début du
chemin spirituel de la créature, et le nom
Israël ( ישראל ), des mots Yashar ( ישר ) – El ( (אל
autrement dit droit vers Dieu, symbolise
l’état spirituel le plus élevé auquel nous
devons arriver.
Cinq, je sais, ce sont les cinq livres de
la Torah.
Ils symbolisent cinq lumières grâce
auxquelles la force supérieure corrige
notre nature égoïste. Ces cinq lumières
sont appelées Nefesh, Rouach, Neshama,
Haya, Yechida, (NaRaNHaY).
Six, je sais, ce sont les six livres de la
Mishna.
Ce sont les six Sefirot grâce auxquelles nous
arrive la lumière du Créateur, la lumière qui« nous ramène vers le bien », et corrige
notre nature égoïste, la transforme en la
dotant des attributs d’amour et de don.
La Séfira Malchout qui, dans la Kabbale,
symbolise la créature, reçoit ces lumières,
permettant à la créature de se réparer.
Ces six Sefirot symbolisent également les
six jours ouvrables de la semaine.
Sept, je sais – ce sont les sept jours
de la semaine. Des six premiers jours
nous en avons déjà parlé, d’où vient
le septième ?
Lorsque Malchout acquière les attributs
des six Sefirot qui se trouve avant elle, elle
arrive à l’attribut corrigé, la Séfira de Bina,
qui exprime l’attribut de don du Créateur
et alors Malchout est appelé « shabbat ».
Huit, je sais – ce sont les huit jours de
la circoncision.
Nous avons déjà expliqué que Malchout,
la créature, reçoit les attributs de la Sefira
Bina. De Bina, jusqu’à Malchout, il y a huit
Sefirot. Afin de se séparer de l’intentionégoïste de recevoir pour soi-même,
Malchout – l’attribut de réception – doit
s’unir à Bina, l’attribut du don. La coutume
de la circoncision que l’on fait au huitième
jour symbolise cette union.
Neuf, je sais – ce sont les neuf mois
de grossesse.
Ils symbolisent la lumière qui vient du
Créateur à la créature. Lorsque la créature
arrive à la neuvième Sefira, ‘Hochma,
elle atteint toute la lumière qui s’y trouve
et alors naît une nouvelle situation
spirituelle.
Dix, je sais – ce sont les dix
commandements.
Les tables de l’alliance symbolisent les
conditions de l’alliance entre le Créateur
et la créature. Après que la créature se
soit réparée, elle remplace son attribut de
réception égoïste par un attribut d’amour
et de don, et c’est alors qu’elle respecte
les dix commandements et devientéquivalente au Créateur.
Onze, je sais – ce sont les onze étoiles.
Au-delà de la réalité que la créature
découvre, se trouve la providence divine
qui lui est dissimulée. Cette providence estégalement appelée « étoiles », le destin de
chaque âme, fixant pour chaque homme
(âme) son chemin particulier.
Douze, je sais – ce sont les douze
tribus.
L’origine du chiffre douze, qui est le nombre
de tribus, se trouve dans les quatre lettres
du tétragramme, multipliées par trois
lignes. Vous vous souvenez ? Les trois
mêmes lignes qui apparaissent dans les« Trois, qui sait ? » Selon ce calcul, nous
recevons douze parties dans la structure
complète et finale de la créature qui est
appelée Israël.
Treize, je sais – ce sont les treize
mesures
Il est question des treize formes de don
par lesquelles le Créateurs apporte ses
bienfaits à la créature, lesquelles sont
appelées les mesures de clémence. Lors
de la sortie de l’exil actuel, nous atteignons
l’ensemble de ces treize mesures.
Dernière colle : pourquoi les kabbalistes ont fixé comme coutume de rechanter les couplets précédents avant d’arriver au couplet actuel?
La raison est que chaque degré spirituel, du plus petit qui soit jusqu’au plus élevé, contient tous les degrés qui l’ont précédés, d’après la célèbre loi kabbalistique « le général et le particulier sont égaux ». Ainsi, chaque nouveau degré spirituel en l’homme fait grandir le sentiment de perfection et d’éternité, l’amenant à sortir de l’exil d’Egypte et à atteindre la terre d’Israël qui se trouve en lui.
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