Le sionisme au coeur de la nature - David Freche

Le jour de l’indépendance, et pas seulement le jour de l’indépendance, et pour une majorité d’israéliens, c’est l’occasion de se balader dans la nature de notre beau pays et entre autre, de faire des pique-niques. Quel lien y a-t-il en le sionisme et la nature ?
Quelle a été le moteur de cet engouement ?

Nous allons essayer de raconter l’histoire du paysage israélien et de ses changements actuels, dans la soixantième année du pays. Nous sommes effarés lorsque nous découvrons des photos du pays en 1948. Encore plus difficile de croire que pratiquement tout ce qui existait en 1948: villages agricoles, forêts, commerces, industries, institutions, éducation, santé, forces de sécurité, construits pratiquement
à partir de rien, a débuté quelques soixante cinq ans avant la création de l’Etat dans les années 80 au 19ème siècle. Au début, quelques nouvelles colonies, entre autre sous l’impulsion du Baron de Rothschild et plus tard, grâce à un homme, un visionnaire, en 1897 ;Théodore Herzl, lors du premier congrès juif sioniste à Bâle en Suisse.


Déjà, lors de ce congrès, Tsvi Hermann Chapira émit l’idée de créer un fond juif pour l’achat de terre et leur peuplement. Il faudra attendre 1901 et le 5ème congrès pour que le «Keren Kayemet Keisrael» voit le jour. Quarante sept ans avant la création de l’état, c’est l’achat de plus d’un million d’hectares de terre, qui vont être asséchés, dépierrés, nivelés et peuplé. Le KKL, c’est surtout; planter des arbres. Cela donne du travail aux nouveaux immigrés, et permet de sauver notre forêt et la développer. La forêt en Israël est de manière schématique de deux sortes; 1/ la foret endémique, spécifique de l’endroit : le maquis ou forêt méditerranéenne avec de petits arbustes tels que les caroubiers, les pistachiers, les figuiers etc.

2/ des forêts de pins plantés. L’état dans lequel se trouve notre domaine forestier, à l’aube de l’indépendance était désastreux. Il fut relaté par bien des voyageurs entre autres, Lamartine, Châteaubriand et surtout Mark Twain. Des cimes des sommets de collines dénudées, des versant érodés et sans végétation, désastre écologique bien avant l’heure, occasionné par les Turcs, anciens dirigeants de la terre avant les anglais, et avant la souveraineté israélienne, qui se servirent du bois et décimèrent les forêts pour la
fabrication des voies de chemin de fer et l’alimentation des locomotives. La forêt méditerranéenne fut bien meurtrie et ils créèrent
même des villages au nom révélateur, Oum el fahem (la mer du «peham»- charbon). Rajouter à cela les guerres et, quand elle essayait de renaître de ses cendres, les troupeaux des habitants locaux, ne lui laissait aucune chance ; elle était en piteux état.

Les forestiers israéliens qui étudièrent en Europe apprirent làbas, que le pin est un arbre odorant, agréable, d’une croissance rapidement et ils plantèrent presque exclusivement des pins. De nos jours, on se rend compte que, malgré sa fraîcheur et toutes ses qualités, le pin a aussi ses cotés négatifs : il s’enflamme très vite, il n’est pas très résistant et manque de longévité. Depuis quelques années, le KKL tend vers des plantations d’arbres différents afin de diversifier les paysages, d’une part, et d’autre part, pour restituer la forêt méditerranéenne originelle. Le KKL peut s’honorer d’un extraordinaire palmarès, avec la création de :


• 1000 implantations
• 800 aires de repos dans la nature
• 200 réservoirs d'eau
• + de 5000 Kms de pistes et de chemins pour des
randonnées
• + de 2 millions 300 mille arbres plantés.


De tels actes accompagnés d'une activité éducatrice ont fait et font que l'Israélien est sioniste par les pieds, il se balade et nous vous convions à faire de même ! En dépassant Zehon Yaakov, après 5 Kms, on arrive au carrefour d’Ofer. Tournez sur la droite route 702, après un km encore à droite, vous arrivez au mitspé Ofer, un magnifique point de vue dans la forêt du Carmel, un panorama magnifique sur le mont Carmel. Sur la côte, partez faire une balade en pleine nature sur le "chvilé Ron" (les chemins de Ron) un parc très agréable, dédié à un grand amoureux d'Israël Ron Aviel vaillant soldat, qui a développé le tank Merkava. Loin de la ville, en peine nature, faites un bon pique- nique, (là où c'est autorisé) et méditez peut être sur l'adage de nos sages, "..ki aadam etz asadé" (.."Car l'homme est l'arbre du champs").

Bonne balade !