Persepolis au cinéma à partir du 18 septembre - Caroline Boneh
Tehéran 1978: Marjane, huit
ans, songe à l’avenir et se
rêve en prophète sauvant
le monde. Choyée par
des parents modernes et
cultivés, particulièrement
liée à sa grand-mère, elle suit avec
exaltation les évènements qui vont
mener à la révolution et provoquer la
chute du régime du Chah.
Avec l’instauration de la République
islamique débute le temps des «commissaires de la révolution» qui
contrôlent tenues et comportements.
Marjane qui doit porter le voile, se rêve désormais en révolutionnaire. Bientôt, la guerre contre l’Irak entraîne bombardements, privations, et disparitions de proches. La répression intérieure devient chaque jour plus sévère. Dans un contexte de plus en plus pénible, sa langue bien pendue et ses positions rebelles deviennent problématiques. Ses parents décident alors de l’envoyer en Autriche pour la protéger. A Vienne, Marjane vit à quatorze ans sa deuxième révolution: l’adolescence, la liberté, les vertiges de l’amour mais aussi l’exil, la solitude et la différence. Qui est Marjane Satrapi ? Née en 1969 dans une famille communiste de Téhéran, elle vit, en tant qu’enfant, la restriction grandissante des libertés individuelles et les conséquences dans la vie quotidienne des événements politiques de l’époque, particulièrement la révolution islamique et les débuts de la guerre Iran-Irak. Ses parents sont des intellectuels très engagés. En guise de contes de fée, son père lui donne à lire des bandes dessinées sur l’histoire du marxisme.
De nombreux membres
et amis sont envoyés en prison pour
leur soutien au communisme. On
assassine son oncle, un dirigeant du
Parti communiste iranien, auquel elle
est très attachée.
En 1984, à l’âge de 14 ans, elle est
envoyée par ses parents à Vienne,
en Autriche afin de lui épargner
l’oppression d’un régime islamique alors à son comble. Elle avait déjà étudié au
lycée français de Téhéran. Elle continue
son cursus scolaire au Lycée français de
Vienne, puis retourne en Iran afin de
suivre des études supérieures. Elle part
ensuite en France et fait des études à
l’École supérieure des arts décoratifs de
Strasbourg. Elle réside actuellement à
Paris.
Sa rencontre avec David B. marque un
tournant dans sa vie, puisque c’est lui qui
lui donna la passion de la bande dessinée.
Leurs styles graphiques sont d’ailleurs
particulièrement proches, notamment
dans les premiers livres de Marjane.
Dès son premier ouvrage, le premier
tome de Persépolis, elle rencontre un
succès critique et commercial. C’est un
véritable événement, puisqu’il s’agit de
la première série de bande dessinée
iranienne de l’histoire. Les deux
premiers volumes se vendent à plus de
20.000 exemplaires et deviennent de
véritables best-sellers.
En 2003, elle publie Broderies, nommé
dans la catégorie du meilleur album au
Festival d’Angoulême 2004. Finalement,
son dernier livre, Poulet aux prunes
paraît en 2004 couronné cette fois-ci
par le prix du meilleur album.
Entre 2005 et 2007, elle réalise, en
partenariat avec Vincent Paronnaud,
l’adaptation de sa bande dessinée
autobiographique Persépolis en long
métrage d’animation en noir et blanc,
sorti le 27 juin 2007. Il est projeté au
Festival de Cannes 2007 au sein de la
sélection officielle. À cette occasion,
la République islamique d’Iran s’est
inquiétée de voir la sélection de ce film
présentant ce qu’elle trouve être « un
tableau irréel des conséquences et des
réussites de la révolution islamique».
Le film recevra, malgré la polémique,
le Prix du Jury du Festival et obtiendra
un succès international couronné par
deux Césars l’année suivante (ceux
du meilleur premier film et de la
meilleure adapation) ainsi que par une
nomination à l’Oscar 2008 du meilleur
film d’animation.
Prix Henri-Jeanson 2007, décerné
par la SACD, à Marjane Satrapi pour
son insolence, son humour et son
engagement.
Membre du Jury du 61e Festival du
Cinéma de Cannes 2008.
Qui est Vincent Paronnaud ?
Vincent Paronnaud est né à l’aube des
années 70 à La Rochelle. Auteur de
bandes dessinées, c’est sous le nom de
Winshluss que Vincent Paronnaud se fait
connaître. Il collabore alors beaucoup
avec Cizo et d’autres artistes et ne
publie son premier album solo qu’en
1999 avec <Super Negra>. Vincent
Paronnaud devient, sous son nom de
plume, l’un des maîtres de l’humour
macabre, qui se plaît à réécrire l’histoire
et à surprendre avec des personnages
les plus inattendus.
Winshluss aime placer l’apparente
insouciance de la civilisation américaine
des années 1930 et 1950 face à ses
démons, c’est ainsi que le trait Disneyien
des Silly Symphonies rencontre
le Ku Klux Klan ou que les obsessions
hygiénistes d’une ménagère fifties
cachent des meurtres abominables.
Vincent Paronnaud délaisse de temps
en temps la plume pour endosser la
caméra et se lance, avec Cizo, dans la
réalisation de deux courts métrages, <Raging Blues> et <O>Boy, What
Nice Legs!>. Ces premiers essais sont
les prémisses qui mènent Paronnaud
jusqu>à Cannes. En 2007, il adapte
avec Marjane Satrapi sa bande dessinée
<Persépolis>, et ils réalisent ensemble
un long métrage d’animation en noir et
blanc du même nom. <Persépolis>, s’il
soulève quelques remous du côté du
gouvernement iranien, est récompensé
au 60e Festival de Cannes par le Prix
du jury, et reçoit deux Césars l’anné
suivante: ceux du meilleur premier film
et de la meilleure adaptation. Le film
a également été nommé aux Oscars
2008 dans la catégorie «Meilleur film
d’animation».Grand acteur de la BD
indépendante francophone, Vincent
Paronnaud révèle ses talents de
réalisateur et donne un nouveau souffle
au film d’animation français.
Donc un film que Vision D’Israël vous
invite à découvrir !
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