3ème rencontre mondiale du judaïsme francophone - Maryline Médioni
Maryline Médioni :
Mr Sebban, pourriezvous
nous raconter la
création de votre école
internationale du management de
l’hôtellerie et du tourisme du nom
de “Vatel” ?
Alain Sebban : Je connaissais bien l’hôtellerie et j’étais passionné par la formation des jeunes. J’ai voulu lier les deux et j’ai créé la première école Vatel à Paris en 1981. Très vite, j’ai été convaincu de l’importance d’une formation internationale dans le domaine de l’Hôtellerie et du Tourisme mais je voulais donner au préalable de solides bases au Groupe Vatel que j’imaginais déjà. Alors, avec mon épouse nous avons ouvert la seconde école à Lyon en 1984. Puis nous avons conçu « l’école Vatel idéale » sur 14 000 m2 à Nîmes qui a ouvert ses portes en 1989. C’est avec Vatel Bordeaux, en 1994, que j’ai vérifié que notre savoir-faire, notre concept d’enseignement, nos méthodes de formation et nos supports pédagogiques étaient transmissibles via la franchise. Ensuite, les ouvertures se sont enchaînées à travers le monde.
M.M : Etes-vous, vous-même, un professionnel de l’hôtellerie ?
A.S : Oui, je suis issu de l’hôtellerie. Mes parents dirigeaient l’Hôtel de Verdun à Lyon, en France. Tout naturellement, j’ai fait des études supérieures dans l’hôtellerie puis j’ai pris la direction de l’hôtel familial. Mais cela ne me satisfaisait pas pleinement. Je voyais mon avenir plutôt au service des jeunes générations. Cette expérience a pourtant eu d’excellents effets : elle m’a permis de bien comprendre l’industrie hôtelière, d’anticiper ses évolutions et lui proposer des formations adéquates, de toujours garder des liens étroits avec les professionnels.
M.M : Comment expliquez-vous un tel succès ?
A.S : Le 1er atout de Vatel, c’est son apprentissage pluridisciplinaire qui répond parfaitement aux attentes de la profession. Notre
2e atout, c’est le concept d’enseignement fondé sur le juste équilibre entre la théorie universitaire et l’expérience professionnelle. En théorie, les techniques de management s’orientent vers la gestion, la finance, le marketing et les ressources humaines. Parallèlement l’étudiant vérifie sur le terrain ce qu’il a appris, confronte ce qui lui a été enseigné avec la réalité du contact client dans les structures d’application, restaurants au sein des écoles et/ou hôtels partenaires. Et, pour compléter son expérience professionnelle, l’étudiant effectue chaque année un stage obligatoire en entreprise.
Le 3e atout, c’est une formation axée sur l’international : outre la maîtrise parfaite de l’anglais, le stage de 2e année obligatoire en pays anglophone et l’incitation à l’expatriation dès le premier emploi, Vatel a mis en place le programme d’échanges Marco Polo : l’étudiant peut effectuer un semestre académique dans une autre école Vatel, à choisir parmi les 22 implantations dans le monde. Il va découvrir un nouveau pays, une nouvelle culture, maîtriser une nouvelle langue étrangère, tout en poursuivant sérieusement ses études.
Nous avons aussi créé Vatel Los Angeles, strictement réservée aux diplômés Vatel qui, sur sélection rigoureuse, sont formés aux techniques du management anglo-saxon. A l’issue de leur année, les étudiants se présentent à l’examen en vue d’obtenir le MBA in Hospitality & Tourism Management.

M.M : Pourquoi avez-vous été invité à cette semaine de la francophonie en Israël et plus précisément à la 3ème rencontre mondiale du judaïsme francophone le 19 mars prochain organisée par le Netanya Academic College* ?
Alain Sebban : Nous entretenons des relations depuis plus d’un an avec le Natanya Academic College en vue de créer une grande école de Management en Hôtellerie en Israël. Le Natanya Academic College m’a invité à participer à la 3e rencontre mondiale du judaïsme francophone afin de faire le point avec les acteurs du tourisme et de l’enseignement sur les attentes de la profession en matière de formation des jeunes israéliens au management du tourisme et de l’hôtellerie. Et je suis particulièrement fier et honoré de participer à ce colloque en Israël, pays pour lequel j’ai une affection toute particulière.
M.M : Pensez vous qu’Israël a un potentiel touristique qui demande encore a être développé ?
A.S : Israël a un potentiel touristique incontestable. Il est à la croisée des cultures, des civilisations. Il est donc d’un très grand intérêt culturel et foisonne de sites historiques. Il a aussi des atouts climatiques et géographiques. Il peut donc avoir une offre diversifiée : certes le tourisme d’affaire, mais aussi le tourisme de loisirs, le tourisme culturel, le tourisme religieux, le tourisme de santé. Le tourisme en Israël est au tout début de son développement.
M.M : Quels sont à votre avis les points forts de l’hôtellerie aujourd’hui en Israël ? Les points qui sont à améliorer, à créer ?
A. S : Israël bénéficie de bonnes infrastructures hôtelières avec de grands groupes internationaux, installés depuis longtemps. En restauration, on a vu apparaître ces quatre dernières années de nouveaux chefs et de nouveaux concepts très tendance. Les liaisons de transport vers l’international sont aussi de bonne qualité et la proximité avec l’Europe est un atout. Reste à Israël de travailler pour améliorer le service et les ressources humaines. Pour cela, le pays doit s’inspirer des standards internationaux de l’Hôtellerie.
M.M : Votre conclusion :
Alain Sebban : Le Moyen Orient a une carte maîtresse à jouer dans le tourisme international. Pour preuve, en 2007 c’est la région du monde qui a eu le meilleur taux de croissance – 16%- d’arrivée de touristes internationaux soit 48 millions. C’est pourquoi nous ouvrons cette année à Dubaï et Doha Area. Je suis convaincu que si cette région du monde trouve la stabilité politique, le développement du tourisme sera sans commune mesure avec ce que nous avons déjà observé dans d’autres régions du monde.
*3ème rencontre mondiale du judaïsme francophone, jeudi 19 mars 2009 au Netanya Academic College avec la participation de TV5 MONDE
Entrée libre, inscription obligatoire : 09 860 78 98 ou à francophonie09@netanya.ac.il
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