Le commissaire Vangioni ; un interrogatoire de choc - Maryline Médioni
La ville d’Eilat est jumelée avec la ville
d’Antibes de France. A l’occasion de
cette semaine française, une délégation
envoyée par le maire d’Antibes, Mr Jean
Leonetti, est venue pour la première
fois en Israël. Cependant, ce séjour n’avait
rien d’une semaine uniquement estivale pour
ces envoyés. Il sagissait du chef cuisinier
, Christian Biancheri qui, chaque jour, a
proposé plus de trois cent repas de haute
gastronomie française aux habitants d’Eilat
pour la modique somme de 3 5 sh et de
Monsieur Guy Vangioni, conseiller technique
pour la prévention de la délinquance à la
mairie d’Antibes venu étudier la réussite
du plan eilatien sur ce problème.
En effet, aujourd’hui, on enregistre une regression de moins 3 0% d’actes divers de vandalisme, petites et grandes effractions etc.. J’ai convoqué le commissaire Guy Vangioni, pour un interrogatoire à 14 heures précise, pas besoin de l’aveugler à l’aide d’une lampe, le soleil était assez puissant, et je lui ai offert une clope pour jouer au gentil flic. Je voulais tout savoir sur l’organisation qui avait permis une telle réussite et j’espérais qu’il allait rapidement « se mettre à table ». Guy, pourriez vous me dire comment la ville d’Eilat a réussi un tel pari ? -J’ai été très impressionné par le dispositif mis en place. La police d’Eilat est dirigée par un commissaire, jeune, energique et intelligent, Monsieur Dahan qui a tout d’abord, plein pouvoir. Il est en contact direct avec le maire et le ministère de la justice. Il y a donc dés le départ , une plus grande rapidité d’action. La centralisation des informations judiciaires de ce bureau permet à chacun d’avoir efficacement accés à des différents dossiers.
Les fonctionnaires sont extrêmement spécialisés chacun dans leurs domaines et la motivation personnelle est bien au delà de leur fonction publique, elle est d’ordre également personnelle. Ils vivent dans cette ville, l’aiment et s’investissent à fond dedans pour en faire un havre de paix, pour eux, leurs familles, leurs enfants. De plus et c’est , je pense, une excellente idée, le commissaire de police a établi des protocoles d’accord avec les boites de nuits ,par exemple pour qu’elles ne servent pas d’alcool aux moins de 18 ans, avec les restaurants et même avec les chauffeurs detaxi pour qu’ils ne volent pas leur client. S’il y a effraction à cet accord, le commissaire intervient directement sur les lieux du délit sans attendre l’ordre d’une quelconque hiérarchie et peut fermer le lieu sur place, donner une amende, ou décréter une garde à vue d’un adolescent pendant 24 heures s’il parait suspect. Il peut même expulser des mendiants, clochards, ou des personnes qui pertubent les lieux ou l’ordre publics hors de la ville. Je dirais qu’Eilat est une ville sous haute protection. Cette réussite est donc le résultat uniquement de la police ?
Non, en fait, il y a une parfaite synergie entre les différents responsables de la sécurité de la ville ; la police, la mairie et un département qui se nomme « sauveur ». Je suis admiratif devant une population qui fait preuve d’un tel civisme ; des pères et des mères de famille qui offrent leur temps, au service de la ville d’Eilat. Ils sont près de 100 volontaires dans la police, ainsi à se relayer nuit et jour pour qu’Eilat jouisse d’une paix, d’une sécurité au quotidien. Il y a à toute heure une importante présence humaine qui collabore étroitement avec la police. Le département « sauveur » est composé de parents d’élèves spécialisés dans tous les problèmes des enfants et adolescents liés à la drogue, l’alcool, à la petite délinquance et eux aussi marchent main dans la main avec et la mairie et la police. Cette synergie fait ses preuves et on assiste donc à un combat de la délinquance sur tous les fronts et surtout sans relache.. Quels sont les idées ou les actions que vous allez pouvoir mettre en place à Antibes fort de cette expérience sur le terrain ?
Je pense que très certainement l’unique action que nous pourrions developper est le protocole d’accord. La législation française ne permet pas de donner plein pouvoir ainsi aux commissaires de polices puisqu’ils doivent avant toute opération en parler au préfet qui lui, étudiant tous les aspects de l’affaire donnera ou non son accord pour une intervention. De plus, la population française n’est pas prête encore à offrir son temps gratuitement à la police pour des patrouilles mixtes ou des surveillances de quartier. Mais, je sais que déjà,si nous pouvons établir des accords entre des boites de nuits, des retaurants, etc..nous aurons fait aussi un grand pas en avant dans le respect des valeurs de la République. Je tiens aussi à remercier toute la population d’Eilat qui nous a reçu chaleureusement, c’est la première fois que je viens en Israël et vous pouvez être sur que ce ne sera pas la dernière !
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