Dany Boon Une rencontre exceptionnele - Maryline Médioni


A l’occasion de la sortie du film en Israël ;

« Bienvenue chez les ch’tit », distribué par Eden Cinéma avec la participation de TV5 MONDE, j’ai rencontré son réalisateur, un homme heureux, Dany Boon.

 

Maryline Médioni : Dany, shalom et barouh aba chez les ivrim ! Avez-vous été surpris lorsque vous avez appris que le film allait être projeté en Israël ?

Dany Boon : Vous savez, depuis que les chinois ont acheté les droits de ce film, plus rien ne m’étonne !

M.M : Pourquoi avez-vous fait ce film sur les gens du Nord ?

D.B: j’ai voulu combattre les clichés que l’on porte traditionnellement sur la région du Nord. «L’idée de Bienvenue chez les Ch’tis », je l’ai eue avant de faire mon premier film, La Maison du bonheur. Mais je voulais d’abord voir si j’étais capable de réaliser un film, car je ne voulais pas me planter avec un sujet qui me tienne fort à coeur.

Avec 17 millions d’entrées, Dany ne s’est pas planté ! Le film est une comédie des plus réussies ! Il y a donc du rire, des accents à couper au couteau mais aussi de la pudeur et un attachement pour la région. Un film à voir, une excellente thérapie, celle du rire assuré !

Philippe Abrams est directeur de la poste de Salonde- Provence. Marié à Julie, dont le caractère dépressif lui rend la vie impossible, Philippe fraude afin d’obtenir une mutation sur la Côte d’Azur. Démasqué il sera muté à Bergues, petite ville du Nord. Pour les Abrams, sudistes pleins de préjugés, le Nord c’est l’horreur, une région glacée, peuplée d’êtres rustres, éructant un langage incompréhensible, le « cheutimi ». Philippe ira seul. A sa grande surprise, il découvre un endroit charmant, des gens accueillants, et se fait un ami : Antoine, le facteur et le carillonneur du village, à la mère possessive et aux amours contrariées.

Quand Philippe revient à Salon, Julie refuse de croire qu’il se plait dans le Nord. Elle pense même qu’il lui ment pour la ménager. Pour la satisfaire et se simplifier la vie, Philippe lui fait croire qu’en effet, il vit un enfer à Bergues. Dès lors, sa vie s’enfonce dans un mensonge confortable : quinze jours durant, il s’éclate dans le Nord en compagnie d’Antoine, et un week-end sur deux, il se fait choyer par sa femme. Tout va bien, jusqu’au jour où Julie décide de le rejoindre….

M.M : Pensez vous que les Israéliens vont réagir à cet humour « nordiste » ?

D.B : L’humour dans ce film est un moyen de faire passer le véritable message de ce film. La qualité de la vie n’est pas synonyme de biens matériels mais dans la relation à l’autre. J’ai voulu montrer que cet amour de l’autre passe obligatoirement par sa découverte. Elle est essentielle, ce sont les valeurs véritables auxquelles un homme doit s’attacher. Alors oui, les israéliens comprendront cet humour et ce message à travers lui.

M.M : Vous avez choisi le rire comme mode d’expression, pourquoi ? D.B : Le rire est humain. Il répare les blessures et les soigne en même temps. On peut parler de tout avec humour, de sujets même très graves. M.M : Pensez vous qu’on puisse rire de tout ?

D.B : On peut rire de tout mais pas avec n’importe qui.

M.M : Etes vous déjà venu en Israël ?

D.B : Je suis venu pour la première fois pour rencontrer ma belle famille qui habite ici.

M.M : Pourquoi vous êtes vous converti au judaïsme, par amour ?

D.B : C’est vrai que ma femme est juive mais je me suis converti par amour du Dieu D’Israël. J’ai une véritable foi dans la Thora, c’est un retour aux sources, celles des vraies valeurs humaines, celles que j’ai toujours défendues. J’ai étudié, je prends encore aujourd’hui, après ma conversion, des cours. Vous savez mon père était kabyle et ma mère, chrétienne, et j’allais tous les dimanches à l’église. Je me posais toujours de tas de questions et lorsque je les adressais au responsable de la paroisse, il me répondait : « arrêtes de poser des questions, la religion est ainsi » Le judaïsme est à l’opposé de cette pensée chrétienne. J’ai posé et je pose encore toutes les questions et on m’a donné les réponses, ma réponse.

M.M : N’avez-vous pas eu peur de vous convertir au judaïsme en France, aujourd’hui, dans ce climat antisémite, ce n’est pas très à la mode….vous êtes démodé Dany non ?

D.M : Oui, (rires). On m’avait prévenu- Tu es célèbre, tu es une homme public, ça risque d’être dangereux. Je n’ai pas peur !. Je revendique l’appartenance à mon peuple, les enfants d’Israël et j’en fais partie. Et puis, vous savez, lorsque j’étais enfant, mon père étant kabyle, j’ai toujours été confronté à des insultes ou à des actes de racisme alors je suis rodé en la matière. Il n’y a rien de plus abject que les racistes et les antisémites, ils sont hors de l’humanité, ils n’ont rien compris !

M.M : Etes vous engagé dans la communauté juive de France ?

D.B : Arthur est mon ami et il m’a sollicité pour des événements comme le gala de Meir Panim , l’hôpital Hadassa ou l’opération Tsedaka et j’avoue que je l’ai fait avec non seulement, un extrême plaisir, mais surtout, par solidarité avec mon peuple, pour aider les démunis.

M.M : Quel est votre prénom juif ?

D.B : Smouel ! C’est beau, n’est ce pas ? Je suis très fier de mon prénom juif !

M.M : On vous voit de plus en plus au cinéma, allez vous abandonner les spectacles, les one man show ?

D.B : Impossible ! C’est mon oxygène, la relation directe à l’autre, avec le public. .Je serais d’ailleurs vers la fin de l’année à l’Olympia.

M.M : Et donc toujours à travers le rire Dany ?

D.B : Oui ! Par le rire, finalement, on accède à la vraie Teshouva !

M.M : Ne seriez vous pas un peu hassid de Beslev, c’est toute leur démarche spirituelle ; la joie, le rire

D.B : (rires)… Je ne suis pas encore un hassid mais..je ne jure de rien, c’est interdit ! De toute façon, tout est entre Ses mains ! Quand on est croyant, on devient humble ! M.M : Beaslaha Dany pour ce film en Israël !

D.B: Bezrat a Shem! 

La Bande Annonce du Film :